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NIYA ET CALIFORNIA

Publié le 12/06/2010 à 20:15 par salvadorali Tags : circulationautomobile casablanca californie
NIYA ET CALIFORNIA

 


À certains moments de la journée, la route d’El Jadida peut paraitre pépère et paisible ; même si la perception globale qu’en ont les casablancais renvoie davantage à l’enfer sur terre, c’est-à-dire tout ce qu’il faut bon gré mal gré endurer afin de pouvoir manger du pain.

 

Un matin casablancais, à l’heure où les pousseurs de charrettes peuvent encore se croire les bienvenus au milieu des voitures et surtout des camions, un chauffeur de bikoup a garé sa fourgonnette Suzuki à proximité. Abdelati doit se rendre au quartier Californie où l’attend un chargement, mais comme il sait bien, lui, que l’homme ne vit pas que de pain, il s’est offert le réconfort d’une halte, le temps que la circulation matinale se décongestionne suffisamment les voies d’accès.

 

  



 

Abdelati contemple, fasciné, le flot de véhicules qui se déverse dans le cœur de Casablanca. C’est l’heure où ceux qui arrivent en ville sont beaucoup plus nombreux que ceux qui en sortent… Il pense comme tout le monde qu’il y a nettement trop de voitures en circulation, confrontant ses observations à ses souvenirs d’il y a seulement cinq ans, à l’époque où déjà, il pensait qu’un pic avait été atteint… « Mais pourquoi voudrait-on, ironise-t-il, que les vendeurs de crédits automobiles se déclarent soudain rassasiés ? »

 

Il a donc de plus en plus souvent l’occasion de mettre sa sagesse rurale à l’épreuve des nuisances urbaines, en s’offrant notamment le temps de laisser s’embouteiller les autres. Manque à gagner ? Cette logique-là n’est pas sa tasse de thé ! Il est convaincu, lui aussi, que de toute façon Dieu est seul maître de la dévolution des richesses en ce monde ; et que, pour qui veut prospérer, l’année est suffisamment longue…

 

Lui, il s’en remet tout simplement à niya, sa bonne foi d’homme intègre et de professionnel consciencieux. Et serviable par-dessus le marché ! Abdelati, c’est le genre qui préfère rendre service que gagner de l’argent, sans même convoiter les récompenses promises dans l’Au-delà aux Croyants de bonne volonté, même s’il préfère de toute façon être payé en monnaie divine...

 

Bref, Abdelati a beau être enchaîné à son bikoup Suzuki comme un galérien à son banc de rameur, son modèle de civilisation rêvé c’est loin d’être la Californie, symbole triomphant d’une Amérique où le temps c’est de l’argent et où « si t’es piéton t’es mort », m’écrit une amie originaire de Fès qui passe des vacances (laborieuses) à Los Angeles.


 




Ils sont fous ces américains ! On comprend mieux pourquoi il leur a bien fallu aller chercher du pétrole jusqu’au fond d’un pauvre (riche) Golfe du Mexique auquel BP & Co. auraient du foutre la paix, mais comment enrayer la dynamique énergétique d’un pays dont la civilisation automobile a pris de telles proportions, quand bien même elle s’avèrerait suicidaire ? Le suicide (collectif) étant sans doute le Graal ultime de l’humanité…

 






J’apprends par Face Book que mon amie qui se trouve en Californie compte désormais parmi les siens un chercheur en sciences appliquées qui s’inquiète de ce que les grands travaux d’infrastructures, notamment autoroutiers, détruisent de traces archéologiques précieuses. On voit qu’il y a de quoi faire, en effet… Mais les archéologues d’aujourd’hui ont de la chance, ils peuvent encore s’attendre à tomber sur des débris préhistoriques. Tandis que leurs confrères du siècle prochain n’auront probablement que du béton, du plastique et du goudron à se mettre sous la dent.

 

Vive le cinéma, dernier refuge de l’Idéal ! Au Maroc, en 1984, un film est venu annoncer le début de l’ère du Goudron totalitaire : « Zeft », réalisé par Tayeb Saddiki, monstre sacré du théâtre à la fois populaire et intellectuel marocain. Il raconte l’histoire d’un paysan chassé de son lopin de terre par ce qu’il perçoit, lui, comme deux calamités : la spiritualité plus ou moins superstitieuse de sa tribu qui décide d’y édifier un marabout et la logique administrative territoriale impitoyable de l’état qui fait passer sur la région le tracé d’une autoroute, la tout première du Maroc moderne, celle qui relie aujourd’hui Rabat et Casablanca.

 





Heureusement pour Abdelati, qui par certains côtés a l’air échappé du casting de Zeft, il reste dans Casablanca des points de vue relativement apaisants, notamment cette perspective champêtre du quartier Californie, quand bien même elle révèle une ogresse urbaine en voie de californisation ! Sans parler de sa tendance grandissante à la californication…


 






À Los Angeles, un programme de police municipale propose actuellement aux gens d’échanger leurs armes contre des bons d’achats de denrées alimentaires et de première nécessité. Et dans le quartier où réside mon amie, la chronique des violences armées relève depuis longtemps de la banalité.

 

Pendant ce temps, à Casablanca, les petits voyous doivent encore se contenter de sabres pour braquer les passants. En comparaison du mode de vie dans la vraie Californie, difficile de ne pas s’estimer heureux dans celle que nous sommes en train de nous fabriquer. Une terre où les campagnes ayant fini de s’agglutiner aux villes, ce sont les villes désormais qui s’agglutinent entre elles…


Commentaires (1)

Le gentil forçat le 10/07/2010
Voir aussi : 'LE MILLENIUM DES CRAPULES (notes sur une vaste escroquerie)'
http://nosmoutons.canalblog.com/archives/2006/07/20/2315250.html


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